Quelqu'un est là, encore. Je peux plus, je veux plus. Je me lève, regarde vers l'homme qui s'approche de moi et part en courant. Je sais qu'ils me forceront à revenir, je sais que je ne peux pas partir comme ça. Une fois qu'on commence, il n'y a plus de moyen d'en échapper. Moi je veux juste y échapper, rien que ce soir. Mes larmes dévalent sur mes joues et je cours toujours. Je m'arrête dans le parc près du centre et laisse glisser mon dos contre un arbre proche d'un étang. Je pose ma tête dans mes mains et pleurs, je pleurs ce que j'ai sur le c½ur tout simplement. Ce n'est pas normal de devoir se prostituer pour pouvoir vivre. Ce n'est vraiment pas normal de faire ça à 18 ans. Cette nuit, j'aurai au moins gagné un peu d'argent. Enfin, je dis un peu, 500 euros ce n'est quand même pas rien. Vous devez vous dire que c'est beaucoup, oh oui vous avez raison, mais vous n'imaginer même pas le nombre de personne qui sont venus me voir. J'ai l'impression d'être encore plus sale que la dernière fois. Certains des hommes qui sont venus, étaient violents, pas de tendresse. J'ai essayé de prendre sur moi, de penser à Tom et pas à ce que je vivais à ce moment là. J'ai essayé d'évacuer toute cette souffrance qu'ils m'infligeaient, mais je n'y arrivais pas, c'était trop dur. Ils me ramenaient chaque fois à l'ordre. Et puis, ils ont raisons, ils me payent pour leur donner du plaisir et je me laisse complètement faire alors que c'est moi qui devrais être sur eux et pas le contraire. Autour de mes poignets, il y a encore les traces des menottes qu'un des clients avait insisté pour me les mettre. Mon torse et mes bras sont couverts de bleus, et quelques blessures ont laissés couler du sang. Je m'allonge dans l'herbe et m'endors, pensant encore et toujours à la même personne.
Point de vue de Tom.
Nous avons passé toute la journée à chercher Bill. Il est introuvable. Georg nous a dit qu'il ne l'avait pas vu non plus hier. Je suis bizarre n'est ce pas ? Un jour, je le déteste, le met dehors et souhaite presque sa mort et un autre, je le cherche, parce qu'il me manque, parce que je suis inquiet, parce que j'ai envie de le serrer dans mes bras et de lui dire que plus personne ne le touchera, à part moi ! Oui bon ok pas dans ce sens là, croyez moi ... ou pas. Bref. Je m'en veux. Tout ce que je lui ai fait subir, n'est pas humain et je m'en rends compte aujourd'hui. Alors, traité moi de tout les noms, frappé moi, faites tout ce que vous voulez parce que je le mérite et je supporterai tout sans broncher, juste pour me faire pardonner. Je ne suis qu'un bon à rien égoïste. J'ai quasiment laissé ma moitié crevée. Je donnerais tout pour que Bill soit là devant moi, souriant, comme avant. Quand j'y pense, nous ne lui avons même pas dit qu'il avait une petite s½ur. C'est encore une fois de ma faute, mes parents voulaient le lui dire mais j'ai refusé. Putain, je me dégoûte ! Maman et papa sont rentrés hier soir, lorsque je suis revenu, ils étaient déjà couché mais avaient laissé un mot sur la table qui disait qu'ils seraient là pour une semaine et qu'ils repartaient pour deux semaines à New York. Au moins, j'aurai la paix et je ... ramènerai Bill, à la maison. Anne ne veut même plus venir. Qui est-elle me direz-vous ?! Anne c'est celle qui vient assouvir mes désirs sexuel ! Quand j'en ai envie, je l'appelle, et elle vient. Je suis connard ? Tout a fait. Je n'ai jamais été amoureux et je pense que je ne le serai jamais. Revenons-en à Anne. Elle m'a lâché il y a quelques jours parce que soit disant, je me tapais pleins d'autres filles derrière son dos et qu'elle ne le supportait pas. Mais moi, j'ai pas besoin d'elle, une fille j'en trouve quand je veux, il me suffit de tourner deux rues plus loin et là, il y en a tout un paquet. D'ailleurs, c'est ce que je vais faire. Juste parce que là tout de suite, je ressens un manque. Un manque de sexe, non mais un manque de Lui*. J'irai là bas, pour me changer les idées, pour ne plus penser à lui, et surtout plus de cette manière. J'enfile mon pull et sort de la maison sans un bruit. Je parcours les rues jusqu'à tomber sur celle que je veux. Bizarrement, il n'y a personne aujourd'hui, pourtant la semaine dernière, il y avait bien plus de personne. Oui, je suis habitué à venir ici. J'avance encore un peu et remarque que je ne suis plus seul. Une jeune fille, enfin peut être vieille, non en faite je crois pas, les vielles ne font pas ça. Elle vient d'entrer dans la rue et s'est postée contre un mur, elle attend, elle m'attend. Je m'approche d'elle et place une main contre le mur juste à coter de sa figure. Je n'ai toujours pas vu son visage, caché par sa capuche, et pour tout vous dire, je m'en fou royalement. Elle ne me regarde toujours pas. Je place aussi ma capuche sur ma tête comme ça, elle ne saura pas qui je suis et on le fera dans le noir. J'approche ma bouche de la sienne.
- On y va, ma belle ?
Point de vue de Bill.
Courage Bill, courage. Donne lui le plus de plaisir que tu peux, et pars, avec l'argent.
350 - 400 - 450 - 500



