J'ouvre péniblement les yeux et regarde autour de moi. Il fait encore nuit, il n'y a pas un chat. Personne n'a du s'apercevoir de ma présence. J'essaye tant bien que mal de me levé en m'appuyant contre le mur qui se tient près de moi. Je passe ma main sur mon ventre et observe quelques instants les bleus, les marques qu'ils m'ont laissés. Pourquoi ont-ils fait ça, je n'avais pourtant rien demandé. Je voulais juste prendre le train et revoir ma famille. Les gens n'ont pas de c½ur. Ils ne savent pas ce que je ressens ni ce que je vis, ils ne savent rien et ils se permettent de rajouter une couche ! Ils ne se rendent pas compte qu'ils pourraient ruinés la vie d'une personne et ils s'en foutent parce qu'ils savent pertinemment que rien ne leur arrivera jamais ! J'enfile le reste de mes vêtements qui traînent au sol. Tout est déchiré, ça reviendrait au même si je restais nu. Boitant, je me dirige vers la voie que je dois prendre. J'entre dans mon train et me laisse tomber comme une masse sur un des sièges. Espérant qu'aucun contrôleurs ne passent pour me demander mon ticket de train que je n'ai pas su acheter, je pose ma tête contre la vitre et je pense. Je pense à notre enfance, à ce que je vais devoir faire pour pouvoir me nourrir, me chauffer. Je me vois déjà arrivé comme ça devant Tom. Il me pendra pour un clochard ou quelque chose de ce genre. Une heure et demie plus tard, je descends et j'arrive en face de mon ancienne école. Tant de souvenirs qui me reviennent en mémoire. C'est sur ce banc qu'on faisait nos devoirs après les cours. Lui était assis et moi j'étais couché avec ma tête sur ses jambes. La plupart du temps, je lui disais les réponses et lui, il notait. Je passe à coter et je continue mon chemin. Les gens se retournent tous à mon passage. Eux aussi, doivent me prendre pour un sans domicile fixe, ce qui est le cas en même temps.
- Haha papa, regarde le garçon là bas, il n'est même pas bien habillé ! Je suis mieux dis ?
- Oui mon chéri, mais tu sais, tu ne devrais pas te moquer.
- Mais regarde le, on dirait un monstre ! Il est tout bizarre
- Cédric ! Arrête maintenant.
Je regarde ce petit garçon et son père, ils ont l'air tellement heureux. Même si mes larmes sont prêtes à perler sur mes joues, je pense qu'il a raison, je suis un monstre, je suis mal habillé et je suis blessé. Les entailles taillées sur mon corps ne sont pas pires que celles de mon c½ur. Je me demande de qu'elle façon les gens sont devenus aussi cruel de nos jours ? Pourquoi quand ils voient quelqu'un qui va mal, ils l'enfoncent encore plus au lieu de venir l'aider ? Je détourne le regard et continue mon chemin. Il doit être dans les environs de 23 heures maintenant. J'arrive enfin devant chez moi, les lumières de la chambre de Tom sont encore allumées. J'ai envie de pleurer, j'ai mal au c½ur, ça fait si longtemps que je n'étais plus venu ici. Apparemment, mes parents dorment. Il ne reste plus que lui, et moi. Je m'approche un peu plus de la porte d'entrée. J'ai beaucoup de mal à marcher. Je sonne, je ne sonne pas ? Non je ne sonne pas. Je passe dans le jardin et vois la balançoire. Quand nous étions petits, Tom et moi, nous allions souvent dessus, le soir, lorsque les étoiles étaient merveilleusement éclairées. C'était à ce moment là qu'on se disait tout, qu'on se confiait tout. Je me rappelle qu'un jour il m'avait dit qu'il avait embrassé une fille à l'école et qu'il avait trouvé ça plutôt bizarre. Je m'étais mis à rire et il s'était vexé. Lui aussi s'est foutu de moi quand je lui ai dis que je n'avais jamais rien fait avec une fille parce que je ne voulais pas entreprendre quelque chose sans amour. Il a dit que c'était ridicule d'attendre l'amour parce qu'il n'existe pas, mais moi j'en ai la preuve vivante qu'il existe. Je serais près à tout pour lui. N'importe où, n'importe quand. Je me dirige une nouvelle fois vers la porte d'entrée et pose ma main dessus. Sans m'en rendre compte, la porte s'ouvre légèrement. Je respire un bon coup et entre dans pièce. Je suis surpris, tout à changer. Mon regard se pose sur le mur. Alors ils m'ont bel et bien oubliés ? Il n'y a plus aucune photo de moi. Celle où j'étais avec Tom a été découpée. Pourquoi me font-ils ça ? Mon c½ur s'emballe encore. D'un pas léger, je décide de m'avancer vers les escaliers que je monte silencieusement. Tom a mit sa musique beaucoup trop fort, il ne m'entendra pas et les parents non plus. Je fais encore quelques pas et me stop net lorsque j'entend le son diminué et laissé place à sa voix.
- Georg ! Tu vas bien ?
- ...
- Trop ! Ouais peinard, 18 ans et j'ai ma caisse ! Si c'est pas la classe ça.
- ...
- Non je ne lui ai pas souhaité ! Pourquoi je l'aurais fais d'abord ?!
- ...
- Non, tu te trompes. Ça fait trois ans que je n'ai plus de frère ! Bon bye.
La même phrase qu'il y a trois ans me revient en pleine tronche. Des gouttes salées coulent sur mes jouent, sur mes mains et s'écrasent au sol. Je cherche du regard ma chambre, je ne veux pas qu'il sache que je suis là et que je pleure. J'ouvre doucement la porte et me retrouve devant une chambre, rose. Tout est rose. Il y a un petit lit de bébé avec tout le matériel nécessaire. Une armoire avec des vêtements pour une petite fille de quelques mois. Je suis choqué. Mes larmes tombent de plus en plus. Mes yeux me brûlent. J'ai une petite s½ur dont je n'ai jamais connu l'existence ! Ils ne m'ont rien dit. Mais merde quoi, je suis quand même leur fils, ils m'ont mis au monde, ils m'ont éduqué ! Et si je n'étais pas venu, je n'aurais donc jamais su que j'avais une s½ur ? Pourquoi ? Je m'accroupis dans un coin de la chambre et me balance d'avant en arrière. J'essaye d'évacuer ma peine, mon chagrin. Je suis fatigué, j'ai mal partout, je suis couvert de sang et quasiment nu. Que vais-je faire demain ? Je n'ose même pas penser aux autres jours car je sais qu'ils seront d'autant plus redoutables. La porte de sa chambre s'ouvre et sa voix se rapproche. J'arrête de respirer et écoute.
- C'est quoi ce bordel ? Qui a ouvert la porte ?
Mais quel con ! J'ai complètement oublié de refermer cette porte ! Je reste assis là et je l'entends remonté. Une porte claque, puis une autre et un vide. Il est là, devant, je le sais. Je plonge ma tête entre les mains et me cache le plus possible. Un léger rayon de lumière entre dans la pièce. Il s'approche et entre. La lumière s'allume, je ne bouge plus, je veux pas qu'il me voit comme ça, je peux pas, non ! Il avance encore et se stop. Je lève les yeux rouges vers lui, il m'a vu. Il me regarde, je le regarde. Mon maquillage a coulé, tout est noir. Je tremble. Je suis devant l'homme de ma vie.
- Bill ?
Suite plus tôt que prévu ^^ Grâce à qui hein ? A Elle* =D
